Who Said It Was Simple

Texte de cimaise de l’exposition à Raw Material Company, 28 janvier – 29 mars 2014, Dakar.

visuelexporaw

Qui a dit que c’était simple*
Who Said It Was Simple

Cette exposition marque le début d’un programme annuel dédié aux libertés individuelles, à leur perception et à leur restriction. Qui a dit que c’était simple, premier acte, s’attache à l’univers des médias pour interroger la situation actuelle, au Sénégal et en Afrique, du traitement des minorités ou des marginalités.

Qui a dit que c’était simple
est un dispositif critique ouvert ; il n’entend pas imposer un point de vue qui serait a priori juste. Ont été sélectionnés ici, parmi 2500 articles de presse parus sur dix ans, une centaine de documents. L’exposition est complétée par des archives issues d’autres médiums, par une étude de représentations statistiques et visuelles de données chiffrées et textuelles, par une bibliothèque de travail et enfin par une programmation de films. Qui a dit que c’était simple cherche à interroger, à travers le prisme des médias, le traitement des marginalités (notamment sexuelles) mais aussi à poser une question plus fondamentale : comment défendre les droits humains et retrouver une structuration à laquelle la société puisse adhérer (non subie ou importée) alors même que les notions de libertés personnelles, notamment en matière de sexualité, sont marquées par l’héritage colonial, mais aussi par les formes nouvelles de normalisation occidentale ?

L’exposition entend témoigner de l’atmosphère contemporaine africaine chaotique et violente, et du rôle des médias qui la relaient et l’entretiennent. Mais elle se propose aussi de réfléchir et de donner à réfléchir sur les origines de cette situation.

Nous pensons que le durcissement actuel est né de la tension provoquée par des notions occidentales contemporaines destinées à définir les marginalités et les minorités (notamment sexuelles) considérées comme importées, tandis que des structurations traditionnelles garantes de paix et de bien-être social qui ont pu exister par le passé restent effacées. Ces structures sophistiquées, aujourd’hui oubliées ou détournées (notamment par les extrémismes religieux), saccagées ou perverties durant la colonisation, sont pourtant connues des chercheurs et des spécialistes africains et occidentaux.

On comprend dès lors pourquoi il est indéfendable de discuter de droits humains en Afrique selon des cadres de pensée impérialistes prônant des valeurs préétablies. Les médias, qui subissent et mésinterprètent cette situation, accroissent en retour les crispations. Le retour de la tolérance suppose de tenir compte de cette complexité. Les archives et les ouvrages historiques et anthropologiques présents dans cette exposition entendent donc participer à la ré-africanisation et à la décolonisation de la culture, du genre et de l’identité sexuelle.

* Le titre de l’exposition est emprunté à un poème d’Audre Lorde, auteure et activiste africaine-américaine décédée en 1992. Cette figure importante, engagée contre les discriminations, qu’on rencontrera à plusieurs reprises au cours du cycle, a pensé la question de la marginalité aussi bien sous la forme d’essais théoriques qu’à travers sa poésie.

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