Opéra-archipel : j’ai mangé de l’autre côté de la mer – FRAC Basse-Normandie

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[SOIRÉE LE 20 JUIN 2015 / ENTRÉE LIBRE]

Rendez-vous le samedi 20 juin au Frac Basse-Normandie pour la soirée « Opéra-archipel : j’ai mangé de l’autre côté de la mer » !

Soirée proposée par Julien Creuzet, « Opéra-archipel : j’ai mangé de l’autre côté de la mer » se profile comme un îlot supplémentaire à son exposition au Frac Basse-Normandie, « Opéra-archipel, ma peau rouge, henné ». Il y sera question de l’ailleurs à travers la nourriture, conférence culinaire par Eva Barois De Caevel, critique d’art, accompagnée de la voix lyrique du ténor Julien Marine, d’un concert blues rock rehaussé d’épices des Caraïbes par le groupe Gumbo Gazoline et du son electro-pop de Pierre Le Cann.
Cette soirée sera également teintée d’actions performatives de Julien Creuzet avec Jordan Derrien et Benoît Razafindramonta.

Opéra-archipel, j’ai mangé de l’autre côté de la mer
Eva Barois De Caevel et Julien Creuzet
Note d’intention

À Paris, le 13 juin 2015

Cuisine-Action-Discours

Julien Creuzet m’a invitée à participer à un nouvel opus de l’Opéra-archipel, forme longue et multiple, dans le contexte de son exposition « Opéra-archipel, ma peau rouge, henné » au Frac Basse-Normandie. Je suis commissaire d’exposition. Il m’arrive régulièrement de donner des conférences sur des sujets qui me préoccupent : ils touchent à l’histoire de l’art, à l’esthétique, à la sociologie, plus précisèment aux questions du genre, de la race, de la sexualité, presque toujours à la question des rapports de domination (à différentes échelles), à la question du vécu des dominés. Aujourd’hui, je cherche à renouveler la manière dont je transmets du contenu discursif, parce que j’ai le sentiment que le contenu même de mes propos – théorique, critique et politique – l’exige. J’essaye par exemple d’ajouter une implication physique à mes conférences, d’incorporer de l’action au discours. « Opéra-archipel, j’ai mangé de l’autre côté de la mer » s’inscrit dans cette tentative.

Pour le 20 juin, c’est le geste de cuisiner que nous avons décidé de faire entrer dans l’espace de l’exposition : il devient le moteur de la narration. Le texte que je récite est étroitement lié aux instants de la préparation culinaire. La conférence est une recette de cuisine. Le corps de celle qui parle (de son expérience, d’un savoir) est en action, en interaction : elle accueille ; dans ses mots et par ce qu’elle a préparé, acheté et qu’elle sert à son public, devenu ses hôtes. Il y a deux espaces : celui où l’acte de manger est évident et possible, celui du comestible, de l’hospitalité, c’est un buffet ; et puis celui plus métaphorique ou plus métaphysique, celui qui emprunte à l’imaginaire du rituel, c’est une marmite, c’est une cérémonie.

De quoi parle le texte ? De ce dont parle la nourriture. C’est un témoignage de ce qui se trame dans ce qu’on mange là où je vis, aujourd’hui, à Barbès et à Château-Rouge, dans ces quartiers de Paris où on peut manger des histoires de l’Afrique et l’Asie. C’est un récit qui dialogue avec le travail de Julien en évoquant là où se loge l’exotisme, à Paris et à Caen, c’est un récit qui interroge cet exotisme. À Caen, c’est une promenade au marché, à la recherche de cet ailleurs, mais aussi de ce qui fait le corps d’une gastronomie, politiquement, historiquement – imaginaire de la nation. À cela s’ajoute le compte-rendu, plus vaste, d’une recherche qui porte sur l’histoire de la création des gastronomie locales et nationales : comment naissent-elles et pourquoi ? D’où viennent nos nourritures ? Comment naissent les hybrides, parfois les monstres ? De quelles histoires ? De quelles fiertés – comment construites ? Ce moment du texte va chercher dans la langue, dans l’étymologie, dans les livres d’histoire, dans les colonies et dans les voyages, les histoires singulières de certaines saveurs normandes, car nous sommes à Caen. Au buffet, on mangera de ce qui habite ces témoignages, de ce qui démembre l’exotisme, mais aussi des héros, riz ou rhum, de ces histoires. Chacun en aura le goût. À la marmite, on brûlera les mêmes ingrédients, en espérant mieux comprendre, être moins triste, célébrer, être moins en colère.

Eva Barois De Caevel

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